Témoignages

Extrait de l’article paru dans Libération le 30 novembre 2012.

À Artem, les étudiants mixent les disciplines

Depuis 2000, les «ateliers Artem» (pour art, technologie et management) réunissent dans une même classe des étudiants issus de l’Ecole des Mines, de l’ICN Business School et de l’Ecole nationale d’Art de Nancy (Ensa). Lieux d’échanges privilégiés, ces ateliers constituent de vrais laboratoires d’idées où le travail en équipe fait loi. Développement durable, médias interactifs, conception et design ou modélisation financière, 24 enseignements transversaux sont proposés aux élèves de deuxième année. Encore marginaux, ces ateliers attestent de la fertilité de telles interactions et pourraient devenir des incubateurs d’entreprises. Paroles d’étudiants.

Raphaëlle, 24 ans en 4ème année option Communication à l’Ensa

Après un Bac littéraire et un passage aux Beaux-Arts de Nice, l’Ensa m’a séduite par son aspect plus concret. J’ai choisi de me spécialiser dans la communication visuelle dans l’optique de devenir graphiste. La communication m’attire car bien qu’indispensable, elle est souvent négligée.

L’atelier Artem «e-business» m’offre une ouverture sur le Web qui est indispensable aujourd’hui. Nous apprenons à allier le design et le business. Nous ne sommes que deux étudiantes de l’école d’art dans la classe, notre côté créatif est donc valorisé, parfois davantage que dans notre école où la plupart des élèves ont des compétences similaires aux nôtres. Travailler avec des étudiants d’autres formations permet de lutter contre l’idée qu’il y a une hiérarchie entre les disciplines en voyant concrètement les apports des autres. Cet atelier nous offre aussi l’occasion d’un premier contact avec le monde professionnel par le biais des appels à projet.

Après le cours magistral du matin, nous travaillons l’après-midi en petit groupe sur nos projets destinés à des commanditaires extérieurs. Par exemple, avec mon équipe, nous avons répondu à l’appel d’un groupe de jazz expérimental afin de les aider dans la refonte de leur site internet.

Gwendal, 21 ans en 2ème année à l’Ecole des Mines

J’ai choisi d’intégrer une école d’ingénieur car je ne savais pas quoi faire après mon Bac S. Le parcours Prépa scientifique suivie de l’Ecole des Mines était pour moi le meilleur moyen de ne pas me fermer de portes. Il réunit trois qualités indispensables : ma passion pour les sciences, des compétences transversales et une insertion professionnelle facilitée.

Participer à un atelier Artem est pour moi l’occasion d’acquérir des notions de design et de graphisme. Dans mon équipe, nous n’avons pas d’élèves de l’école d’art et nous le regrettons ! Rencontrer des gens qui ont une vision et un parcours différents est une richesse incontestable. Ceux qui sont passés par la fac ont moins de limites, plus d’imagination, plus de liberté. L’autre jour, il fallait rédiger un mail pour notre commanditaire, un camarade de l’ICN qui a fait du marketing avant a trouvé une phrase géniale en deux secondes alors que pour moi, c’était plus difficile.

Le seul problème de ces ateliers, c’est que les élèves ont tendance à participer à ceux qui ont lieu dans leur école, c’est plus rassurant. En tant qu’élève ingénieur, aller à l’école d’art pour participer à l’atelier «Marcher» qui inscrit la marche à pied comme méthode de création reste un pas difficile à faire !

Emilien, 24 ans en 2ème année à l’ICN Businss School

Entré à l’ICN par la voie des admissions parallèles après un Master en management du sport, faire une école de commerce me rassurait pour entrer sur le marché du travail. Comprendre réellement la technologie d’Internet, apprendre à créer un site web me semblent essentiels, c’est pourquoi j’ai choisi l’atelier «e-business». Cela me permet d’élargir ma palette de compétences.

Pendant sept mois,intégrer un groupe pluridisciplinaire nous donne un bon aperçu du travail en équipe avec d’autres corps de métier, tel qu’il existe dans la vie professionnelle. Nous n’avons pas la même sensibilité, ni les mêmes habitudes de travail. En tant qu’étudiant en commerce, je me sens plus à l’aise avec la promotion des projets. La répartition des tâches se fait naturellement et permet à chacun d’utiliser ses points forts. Mon groupe de travail a pour commanditaire la Société d’histoire de la Lorraine et du Musée lorrain, nous devons les aider à promouvoir leur fond sur Internet. Mais la rencontre avec les étudiants se fait aussi par d’autres biais. J’appartiens, par exemple, à l’association Défi Voile Artem qui participe à la Course Croisière Edhec, célèbre régate étudiante. Couplée avec les Mines, cette association constitue un autre lieu de partage.